Par Olivier Bernager. En voici une bonne idée:  les noces du cinéma et de la musique live à travers quelques chefs-d’oeuvre de Cocteau, Abel Gance et Chaplin. Le père de Charlot en plus d’être acteur et réalisateur, écrivait les musiques de ses films. Depuis l’enfance, il jouait du piano, du violon, du violoncelle qu’il pratiquait d’oreille, n’ayant jamais appris à déchiffrer.

Dans son autobiographie, il écrit : « Since the age of 16 I had practised from four to six hours a day in my bedroom. Each week I took lessons from the theatre conductor or someone he recommended. I had great ambitions to be a concert artist, or, failing that, to use it in a vaudeville act. » Pour ses films muets, il sélectionnait seul les musiques devant être interprétées lors des projections. Avec l’avènement du parlant, il se mit à composer lui même (souvent en improvisant) les mélodies, laissant le soin à ses collaborateur de les retranscrire et les orchestrer. Il raconte : « After putting music to one or two pictures I began to look at a conductor’s score with a professional eye and to know whether a composition was over-orchestrated or not. If I saw a lot of notes in the brass and woodwind section I would say: ‘That’s too black in the brass,’ or ‘too busy in the woodwinds’. »

Il s’intéressait également à la musique de son temps et fréquenta Rachmaninov, Schoenberg, Stravinsky… Il lui est même arrivé de faire du piano quatre mains avec Germaine Tailleferre ! C’est ce talent qui a été reconnu en 1973, avec 23 ans de retard, avec le film “Limelight“ qui datait de 1952. Il n’a été réellement distribuée qu’en 1972 aux Etats-Unis, la plupart des salles ayant refusé de le projeter lors de sa sortie officielle en raison de supposées sympathies communistes de Chaplin. (Merci au Bertysblog pour ces informations).

 Charlot Soldat (USA 1918) en ciné-concert       
Salle Pleyel, dimanche 9 novembre 2014 – 16h
Orchestre Symphonique Divertimento
Zahia Ziouani, direction
Dans un camp d’entraînement de l’armée américaine, de nouvelles recrues se préparent à partir sur le front en France. Charlot est un piètre soldat que les manoeuvres épuisent. Aussitôt l’exercice fini, il se jette sur son lit de camp, s’endort et rêve…Rationnement, mal du pays, solitude, tranchées inondées…  Charles Chaplin décrit les privations de la vie au front à travers le prisme du burlesque. Avec ce film devenu l’un des plus grands succès, il prouve une fois encore combien est ténue la frontière entre comédie et tragédie. Soulignant l’intensité des images, l’Orchestre Symphonique Divertimento, habitué aux partitions du septième art, interprète en direct la musique tendre et pleine d’humour composée par Chaplin lui-même. Ce ciné-concert sera précédé du poème symphonique D’un matin de printemps de Lili Boulanger.

Les autres ciné-concerts à la Salle Pleyel :

« J’accuse « d’Abel Gance (France, 1919, 166 minutes). Musique de Philippe Schoeller (commande ZDF-Arte et Lobster Films, création mondiale). Samedi 8 novembre 2014 - 20h.
 
B.O. Les chefs-d’oeuvre de la musique classique au cinéma
Vendredi 19 décembre – 20h
 
La Belle et la Bête de Jean Cocteau, opéra de Phil Glass
dimanche 15 février 2015 - 18:00
lundi 16 février 2015 – 20 :30
mardi 17 février 2015 - 20:30
mercredi 18 février 2015 - 20:30
 

En savoir plus : le site de la Cité de la musique  (cliquer)