A l’heure où Renaud Capuçon va enseigner à Lausanne, à la fameuse Haute Ecole de Musique (HEMU), il est bon de retrouver le maître charismatique avec ses élèves dans une masterclass de haute volée. Un REMIX INEDIT du tournage d’Okarinamusique en juillet 2012. Sept élèves, un jeune maître : magistrales leçons dans l’intimité de la salle Einstein au Corum de Montpellier. La fougue, le charme, l’humour et l’exigence musicale sont au rendez-vous de ces masterclasses données par Renaud Capuçon qui se découvre une passion pour la transmission de la musique face à de jeunes, et même très jeunes professionnels.

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C’est une histoire entre jeunes gens qui se passe ici devant un public médusé par l’aplomb des étudiants et la gentillesse attentive et roborative de leur mentor. Jeunes ? Justine Métral (violoncelliste du Trio Métral) et Alice Garnier (violoniste, élève au Conservatoire de Nantes) ont juste quinze ans. Les autres ont tous moins de 25 ans : Hildegarde Fesneau est d’un tempérament chaleureux et engagé, Irène Duval donne des accents passionnés à tout ce qu’elle joue comme cette époustouflante Carmen Fantaisie de Sarasate qui a enlevé le public et laissé presque sans voix Renaud Capucon.

Soliste mondialement connu, il est aussi un pédagogue raffiné, exigeant et bienveillant. Pendant ces masterclasses, il est enthousiaste et plein d’un humour pince-sans-rire qui aide à faire passer ses exigences d’extrême précision. Il ne laisse rien passer dès qu’il s’agit de la cohérence de la musique, mais il relativise le geste musical en permanence : « Si vous pensez faire ce trait ainsi, prouvez-moi que votre intention correspond bien à la musique » répète-t-il aux élèves. Il ne se pose pas en exemple infaillible et a toujours soin de répéter que la musicalité de chacun évolue avec le temps. Au Trio Métral : « Dans toute une vie, on réussit peut-être une fois ou deux le mouvement lent du Trio des Esprits de Beethoven, et on travaille toute sa vie pour ce moment-là !». Son art de la pédagogie : l’amplification des défauts tout en restant bienveillant. L’exigence de précision dans les intentions, la cohérence du discours musical. En somme, tout ce qu’il est lui-même !

En face de lui des jeunes artiste de haut niveau. Le Trio Métral a déjà la rigueur des ensembles constitués : ce sont deux frères et une sœur. Le pianiste, Victor, a un toucher délicieux et une sonorité chantante, idéal pour le trio. Son frère violoniste, Joseph, a le sens du phrasé et sa jeune sœur au délicieux visage rond, Justine, sait le répliquer avec l’aisance d’une future grande.

La courageuse pianiste qui accompagne ce joli monde se nomme Agnès Pagès-Boisset, chef de chant à l’Opéra-Orchestre de Montpellier, elle anticipe tous les désirs du maître et sait être là où il faut pour ne pas plomber une leçon qui, par définition, est faite d’interruptions nombreuses. Dans la sonate de Ravel, si difficile pour le piano, elle montre ses réels talents de chambriste : demi-teintes parfaites, dynamiques larges sans aucune dureté.

François Manceaux et Guy Perra (à la seconde caméra) ont filmé l’intégralité de ces masterclasses avec le concours du Festival de Montpellier Languedoc-Roussillon 2012.

Avec le concours de la Sacem

Olivier Bernager

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