Par Nathalie Renvoisé. On a rarement vu la salle Cortot aussi pleine un mercredi soir que ce dernier où François-René Duchâble était venu donner un cours d’interprétation public. Une classe organisée « autour de concertos » dont François-René Duchâble a assuré la transcription d’orchestre au deuxième piano auprès de trois élèves de l’Ecole Normale qui ont présenté successivement deux mouvements du 2ème concerto de Chostakovitch (Camille Belin), l’allegro du 4ème de Beethoven (Asami Watanabe) et le premier mouvement du 2ème de Rachmaninov (Olexandr Kukonin).

Duchâble, toujours facétieux : « faites des exercices, mais surtout pas ceux de Cortot … »

 

Comment expliquer un tel succès ? Difficile de croire que c’est uniquement pour l’intérêt pédagogique de la classe. Même s’il ne fait nul doute que les conseils de François-René Duchâble sont particulièrement avisés, autant sur le plan technique que de l’orchestration,  il faut tout de même rudement bien connaître les œuvres pour pouvoir apprécier les remarques à leur juste valeur.  Non. Vraisemblablement l’intérêt ne résidait pas là, pas seulement.

Le public était venu entendre l’interprète plus que le pédagogue, le concertiste venu donner ses conseils, livrer ses secrets, avec peut-être d’autant plus de curiosité et d’appétit que l’artiste se fait rare sur scène. Et il n’a pas déçu. Il faut dire qu’il est égal à lui-même, François-René Duchâble, toujours aussi percutant, d’une franchise désarmante, presque cabotin par moments. Conscient des enjeux de la situation et des difficultés de l’exercice, il a navigué astucieusement entre les remarques générales pour l’auditoire et celles, précises, pour les élèves, de façon à ce que chacun y trouve son compte. Et puis on est content de l’entendre, on se régale des quelques moments qu’il passe au piano à reprendre des passages pour illustrer ses remarques aux élèves, on n’en perd pas une miette.

On se régale aussi de ses remarques, de son culot (, «le quatrième de Beethoven, je n’ose plus le jouer… », « Ici, dites bien à l’orchestre de ne pas jouer trop fort… »). On se régale enfin de sa franchise de ton, de style, et de la formidable énergie qu’il dégage, au piano comme dans ses paroles, qui réveille ceux qui l’écoutent. Il ose tout, François-René Duchâble, et on aime ça.

Cours d’interprétation public de François-René Duchâble salle Cortot (20 mars)

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