Nicolas Southon et Muriel Boulan pendant la communication " Le cas singulier de la Sinfonietta"

 

Les 23 et 24 janvier derniers, à l’occasion du 50ème anniversaire de la disparition du compositeur, le CNSMDP accueillait les deux premières journées d’un important colloque international qui se poursuivra les 14 et 15 novembre 2013 à l’Opéra de Paris. 

Ce double colloque se propose d’aborder l’œuvre de Poulenc selon deux angles complémentaires : « style et écriture » pour la première partie (au CNSM), et « programmation et réception » pour la seconde (à l’Opéra). 

Il est organisé par Les amis de Francis Poulenc, l’Université de Rennes 2 et le CNSM de Paris. Okarinamusique y était et présente sur Okarina+video les premières vidéos filmées dans la salle d’orgue.

D’autre viendront bientôt.

Aimez-vous Poulenc ? Interview-express de Benoît Seringe, secrétaire des Amis de Francis Poulenc

« Poulenc et le cinéma » par Jérôme Rossi (épisode 1/3)

Improvisation sur la Toccata par Thomas Lavoine

Par définition, un colloque international a une vocation scientifique. Celui-ci l’était assurément, mais sans aucune prétention. Des travaux minutieux ont été présentés et les présidents de séance (Nicolas Southon et Hervé Lacombe, le 23 janvier) ont toujours su les recadrer pour les rendre attractifs. Dans la belle salle d’orgue du CNSM, on a beaucoup parlé mais toutes ces contributions archi-sérieuses étaient égayées par des plages musicales bienvenues, parfois live, parfois données à titre d’exemple par les conférenciers. Les quelques béotiens, les trop peu nombreux étudiants, qui auraient pu se sentir égarés parmi la belle cohorte des spécialistes invités ont écouté du Poulenc himself, respiré et vérifié qu’au delà de ses atours canailles ou mystiques bien connus, il était un sacré orfèvre des notes, et même (entendu dans un couloir) « un grand technicien qui se cachait derrière sa moustache ! »

Francis Poulenc et Jean Cocteau bras dessus bras dessous

L’oeuvre de Poulenc a été très jouée de son vivant. L’homme, ses affinités, sa mondanité et son caractère secret derrière une gentillesse naturelle, en ont fait un personnage du Tout-Paris avant, pendant et après la guerre. L’homme du monde a trop souvent occulté la science et l’originalité du compositeur. À entendre les musicologue du Colloque, chacun a pu se rend compte que tout (ou presque) dans son oeuvre était « compté, pesé, calculé » : la spontanéité se travaille. 

On a eu la preuve qu’il a parfois lorgné du côté de Stravinsky pour lui piquer ses structures rythmiques (Herbert Schneider « Comment situer le Concert Champêtre »), que l’équilibre des carrures de ses phrases musicales lui étaient inspiré par Mozart, son Dieu. On a appris ses relations ombrageuses avec le cinéma (Jérôme Rossi « Francis Poulenc et le cinéma : fascination et méfiance »). On a retrouvé des instrumentations de Moussorsky dans son œuvre (Pierre-Emmanuel Leguay « Moussorsky, modèle de Poulenc ? »).

 

On attend maintenant la seconde mi-temps de ce Colloque Poulenc qui aura lieu à Paris les 15 et 16 novembre prochains au Studio Bastille de l’Opéra de Paris.

Programme consultable sur www.poulenc.fr